Pour comprendre Raven, il faut remonter à l’une de ses sources premières : Edgar Allan Poe.

Auteur majeur du fantastique et du gothique, Poe n’a pas seulement écrit des histoires de fantômes ou de crimes : il a façonné une vision du monde. Chez lui, l’horreur n’est jamais gratuite. Elle est intime, psychologique. Elle naît de la culpabilité, du deuil, de la folie ou de la décadence morale.
Ses récits mettent en scène :
- des maisons vivantes, reflets de l’âme de leurs habitants ;
- des familles maudites, rongées par des fautes anciennes ;
- une fascination pour la mort, la mémoire et pour ce qui refuse de disparaître.
Dans La Chute de la maison Usher, Le Cœur révélateur, Ligeia ou bien évidemment Le Corbeau, Poe installe une idée fondamentale : le véritable monstre n’est pas toujours ce qui rôde dans l’ombre, mais ce qui vit déjà en nous.
C’est précisément cette approche qui irrigue Raven.
Raven : une ville héritière de Poe

Raven est une ville gothique au sens plein, née d’un acte fondateur, marquée par une malédiction, et maintenue à flot par des rituels, des ordres anciens et des compromis dangereux.
Raven parle de transmission, de poids de l’héritage, de responsabilités impossibles à fuir. Autant de thèmes chers à Poe, transposés dans une forme moderne et ludique.
Raven est un terrain de jeu gothique, où les joueuses et joueurs incarnent des héritiers, des aristocrates, des figures élégantes et tragiques, prises dans un réseau de secrets, de spectres et de conspirations anciennes.
Jouer à Raven, c’est faire face aux fautes du passé, décider de jusqu’où l’on est prêt à aller pour préserver ce qui peut encore l’être et arpenter une ville dans un cadre délicieusement gothique et inquiétant.
Pour découvrir l’œuvre de Edgar Allan Poe, le plus simple est de commencer par ses nouvelles, courtes mais d’une intensité remarquable et qui nous l’espérons devraient vous laisser une impression durable. La Chute de la maison Usher, Le Cœur révélateur ou Le Masque de la mort rouge offrent un excellent aperçu de son gothique psychologique, où la peur naît du remords, de la folie et du poids du passé.
Vous pouvez évidemment aussi lire ses poèmes et notamment Le Corbeau (The Raven en anglais) qui a donné son nom au jeu, ainsi qu’Ulalume par exemple. Ces derniers explorent un aspect peut être plus macabre avec une idée clef chez Poe : le dialogue avec la mort. De plus, les ouvrages en français bénéficient d’une traduction fabuleuse par Charles Baudelaire. Enfin les poèmes de Poe et leur traduction française se retrouvent très aisément en ligne et sont rapides à lire.
Côté cinéma, les adaptations réalisées dans les années 1960 par Roger Corman constituent une passerelle idéale entre littérature et image, prolongeant l’esthétique décadente et funèbre de Poe. Enfin, pour une résonance plus contemporaine, la série La Chute de la Maison Usher de Mike Flanagan (minisérie de 2023 disponible sur Netflix) propose une réinterprétation moderne entre tragédie familiale, culpabilité et héritage maudit, des thèmes au cœur de Raven.
La campagne de financement arrive bientôt : https://www.gameontabletop.com/cf5461/raven.html